Le Sénat a voté contre la privatisation d’Aéroport de Paris pour plusieurs raisons.

Les privatisations se justifient dans le cas d’entreprises œuvrant sur un marché concurrentiel, où le privé est censé être mieux armé pour affronter la compétition. Ce n’est pas le cas, en revanche, s’agissant de situations de monopole où une entreprise privée deviendrait détenteur d’une forme de rente que rien ne justifie. La privatisation des autoroutes devrait pourtant servir de leçon.

Aussi, ces infrastructures stratégiques que sont les aéroports entrent dans le périmètre régalien, nous ne pouvons pas nous en en séparer si facilement ; surtout lorsque cette cession risque de laisser un secteur entier de notre économie contrôlé par une poignée d’entreprises.

Enfin, Aéroport de Paris est une entreprise florissante dont les dividendes versés à l’Etat chaque année s’élèvent entre 170 et 200 millions d’euros, soit quasiment le montant que l’Etat compte investir dans les domaines de l’intelligence artificielle et des nanotechnologies. L’argument du financement avancé va donc à l’encontre des chiffres.

Le manque de précisions des conditions de la vente, la mise en place d’une concession d’une durée de 70 ans, les risques d’abus de situation de monopole et le manque à gagner pour l’Etat sur le long terme sont autant de raisons permettant de douter de la pertinence de ces privatisations qui ne profiteront ni à l’économie, ni aux Français.

  • 246 voix pour cette suppression de l’article 44 qui prévoyait la privatisation et 78 contre

Par ailleurs, le Sénat s’est également opposé à la privatisation de la Française des Jeux.

La très grande majorité des Républicains a donc voté pour ces amendements de suppression, de même que la totalité des groupes PS et CRCE et une partie des Indépendants.

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